Un contenu pour adultes peut avoir été filmé avec accord et diffusé sans lui, publié au-delà de ce qui avait été convenu, ou repris sur des dizaines de sites miroirs. Le retrait s'obtient — mais vite, et sur plusieurs fronts à la fois.
Trois situations, un même réflexe
Le contenu diffusé sans accord. Images ou vidéos privées publiées par un ancien partenaire, un tiers, ou à la suite d’un piratage. Le consentement au tournage n’a jamais valu consentement à la publication.
Le contenu diffusé au-delà de l’accord donné. Une personne a tourné pour un producteur, une plateforme ou un site, et le contenu se retrouve ailleurs, sur d’autres supports, dans d’autres pays, ou après le retrait de son consentement. L’étendue exacte de la cession — support, durée, territoire, exclusivité — devient alors la pièce maîtresse.
Le chantage. Menace de publier des images en échange d’argent ou d’un comportement. Le réflexe utile est inverse de l’intuition : ne pas payer, tout conserver, agir immédiatement.
Dans les trois cas, le même réflexe s’impose : constater avant d’agir. Un contenu retiré sans preuve conservée prive de l’action ultérieure. On établit d’abord des constats horodatés, on relève les adresses, les comptes et les miroirs, puis on notifie.
Les leviers, et leur ordre
La notification aux intermédiaires. Hébergeurs, plateformes, moteurs de recherche disposent de procédures de signalement et doivent agir sans délai sur les contenus manifestement illicites. Une notification précise, motivée et documentée obtient davantage qu’un formulaire rempli à la hâte.
Le déréférencement. Il ne supprime pas le contenu mais le rend introuvable par une recherche sur le nom. C’est souvent ce qui compte le plus en pratique. Voir notre page déréférencement et droit à l’oubli.
Le retrait à la source. Auprès de l’éditeur ou du producteur, en invoquant l’absence de consentement, son retrait, ou le dépassement de la cession consentie.
Le juge. En référé, pour obtenir le retrait, le blocage ou une mesure d’urgence lorsque les démarches amiables échouent. Voir notre page faire supprimer un contenu sur internet.
La plainte pénale. Elle est le levier le plus puissant quand l’auteur est identifiable, et elle ouvre des moyens d’enquête que la victime n’a pas.
Ce qui est réprimé
La diffusion d’une image ou d’une parole à caractère sexuel sans le consentement de la personne est un délit, y compris lorsque l’enregistrement avait été fait avec son accord. Les montages et les contenus produits par des procédés de synthèse — hypertrucages — sont visés par des textes propres. Le chantage, l’atteinte à l’intimité de la vie privée, la captation d’images sans consentement et, lorsqu’un mineur est concerné, des qualifications autrement plus graves peuvent se cumuler.
La personne qui se contente de relayer un contenu n’est pas hors d’atteinte : la rediffusion est elle-même poursuivie.
Ce que nous faisons, et à quel rythme
Nous intervenons en urgence : constat, notification simultanée aux plateformes et aux moteurs, demande de blocage, puis plainte et référé si nécessaire. En parallèle, nous mettons en place une surveillance des remises en ligne, car la difficulté est rarement le premier retrait — elle est la réapparition.
Lorsque la personne a contracté avec un producteur ou une plateforme, nous examinons la portée réelle de la cession consentie, sa rémunération et ses conditions de retrait.
Ces dossiers se traitent avec discrétion et sans jugement. Le premier appel n’engage à rien : voir notre page revenge porn : diffusion d’images intimes sans consentement.
Questions fréquentes
- Le consentement au tournage vaut-il consentement à la diffusion ?
- Non. Ce sont deux consentements distincts, et le second peut être retiré. Avoir accepté d'être filmé, ou avoir soi-même transmis une image, n'autorise personne à la publier, à la revendre ni à la laisser en ligne. La diffusion d'une image à caractère sexuel sans l'accord de la personne est punie pénalement, et l'accord donné pour un support ou une durée ne vaut pas pour un autre.
- Que faire en cas de chantage à la vidéo ?
- Ne pas payer, ne pas supprimer les échanges, et agir tout de suite. Le paiement n'arrête jamais la demande, il l'entretient. Il faut conserver les identifiants, les profils et les messages, déposer plainte, et notifier simultanément les plateformes pour bloquer la diffusion. Les dispositifs de signalement d'urgence existent et fonctionnent, à condition d'être saisis avant la publication.
- Peut-on faire disparaître un contenu déjà largement repris ?
- On peut le réduire fortement, rarement l'effacer partout. La stratégie combine le retrait à la source, le déréférencement dans les moteurs de recherche, les empreintes numériques que certaines plateformes utilisent pour empêcher la remise en ligne, et une surveillance dans la durée. Annoncer une disparition totale serait malhonnête ; obtenir qu'un nom ne mène plus à ces contenus est réaliste.
Exposer votre situation
Cette matière est suivie par Me Matthieu Cordelier. Le premier échange sert à vérifier l’absence de conflit d’intérêts et à vous indiquer la marche à suivre.